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L’Art Winter Market de Speed Arting

par Eugénie Rousak

Alors que l’ambiance festive s’invitait progressivement dans les villes, le mois de décembre était particulièrement chargé pour Speed Arting. Deux évènements ont rythmé cette fin d’année : le lancement officiel du site le 12 décembre et les cinq fameux jours de l’Art Winter Market dans le quartier lausannois bohème du Flon. L’aventure de « l’art différemment » a donc indéniablement débuté !

Acheter une œuvre d’art est un moment à la fois excitant et troublant. Il faut d’abord sentir cette délicate attraction visuelle qui empêche le regard de glisser plus loin, puis savourer les émotions que l’artiste voulait transmettre pour finalement s’approprier la pièce, ne voulant plus la quitter des yeux. Mais seul, le spectateur ne peut pas découvrir l’histoire qui se cache derrière, les nuances de sa création et les messages dissimulés. Pour comprendre l’œuvre, il faut incontestablement discuter avec son auteur. Tout le principe de Speed Arting est là : faire rencontrer celui qui a aimé avec celui qui a créé !  « Le monde de l’art contemporain est actuellement trop élitiste, je voudrais donc le démocratiser, le rendre moins hermétique, pour que tout un chacun puisse le découvrir pour ensuite l’apprécier » explique Nathalie Buck, fondatrice du concept.

 

Les artistes au Flon

Éparpillé entre deux salles au cœur du Flon lausannois, le Winter Market s’est déroulé du 12 au 16 décembre 2019. Sur une surface totale de près de 500 mètres carrés, 27 artistes venus de toute la Suisse ont pu montrer leur travail aux côtés des artisans-créateurs invités pour l’occasion. « Mon idée initiale était de justement mélanger ces deux univers durant un marché de Noël pour fusionner les styles et les langages, tout en favorisant la création et l’authenticité » précise l’organisatrice.

Ainsi, le cœur de la plus grande salle était occupé par les stands des créateurs et une installation artistique de pierres chauffantes et d’un pétroscope réalisés par Pia Matthes, alors que les œuvres étaient disposées le long des murs. Un petite salle de projection était même prévue pour la diffusion d’un film réalisé par une artiste vidéaste genevoise, Nirina Imbach !

Dans un style plus classique, la seconde galerie, était entièrement dédiée à l’art, avec l’affichage de différentes pièces sur les murs blancs. C’est donc dans une ambiance à la fois festive et arty que le public a pu découvrir plus de 350 œuvres, dans différents styles tels que la peinture, la photographie, le dessin, la gravure, la sculpture, la création digitale, la mosaïque ou encore le street art. D’ailleurs, quelques artistes étaient sur place pour discuter avec le public et présenter leurs œuvres en exclusivité !

« Ce type d’événements permet également aux artistes de se rencontrer, d’échanger et de s’inspirer mutuellement. C’était très émouvant de voir la naissance de belles connexions entre eux et avec le public. Pour certains, c’était également la première fois qu’ils exposaient leur travail de cette façon et pouvaient directement avoir un échange avec les visiteurs » conclut Nathalie Buck.

 

CHRISTINE LO

« Dans mon pays d’origine, Taiwan, j’étais poétesse et chanteuse, mais en arrivant en Suisse en 2017 j’ai dû trouver une autre façon de m’exprimer. Ne maitrisant pas assez le français pour écrire, je me suis tournée vers la création artistique, mon actuel langage universel. Durant mon parcours professionnel dans une bijouterie, j’ai commencé à me poser des questions sur un habit que je portais au quotidien : le collant. A l’image d’un collant brillant qui ne s’effile jamais, la femme d’aujourd’hui se doit d’être parfaite. Mais les trous ne se voient pas parce qu’ils n’existent pas, mais parce que nous faisons semblant que ces moments d’échec bien moins glorifiants n’existent pas dans nos vies. J’ai donc décidé de garder mes collants déchirés ou délavés pour les mettre en avant dans mes créations, sublimant ces moments de frustration et d’échec dans mes œuvres d’art. »

 

TAYLAN TEKIN

« Dans l’ère du digital, notre société n’est plus habituée à voir les pixels, directement associés à une mauvaise qualité d’écran. De même pour notre cerveau qui ne veut pas apercevoir les détails, complétant l’image devant nous. Je veux justement jouer sur ces petits éléments, créant des œuvres qui, de loin nous font penser à une photo, alors que de près laissent apparaître leur vraie nature. Ainsi, j’utilise des perles fusibles en plastique multicolores pour créer les pièces centrales que je glisse ensuite par-dessus un fond, généralement une photographie ou une image monochrome. Pour cet art du pixel, je m’inspire aussi bien peintures emblématiques, telles que la Vénus de Sandro Botticelli, que des œuvres contemporaines. »

 

Rédigé par Eugénie Rousak
© Speed Arting. Reproduction interdite.

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